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communiqués ASA
Réflexions de Sarkis Shahinian
11 décembre 2014

Réflexions de Sarkis Shahinian sur la situation

  1. Les propos du DFAE sont inconsistants, car l'Ariana appartient à la Ville de Genève et n'est pas dans l'enceinte de l'ONU. De plus, les Nations Unies sont un organisme préposé à la défense des victimes des Crimes contre l'humanité, et donc on ne saurait pas en quoi la préservation de son impartialité serait mise en danger par l'emplacement d'un oeuvre d'art qui évoque la mémoire universelle pour les dits crimes.

  2. Ce n'est pas à la Suisse de se faire l'avocate de l'ONU, d'autant plus que l'office du Directeur général de l'ONUG a plusieurs fois rappelé, par écrit, qu'il ne s'oppose pas à l'édification de ce monument, dont l'autorisation relève uniquement des compétences de la Ville et du canton de Genèv.

  3. Le comportement du DFAE est incompréhensible, car il met le Conseil fédéral en port-à-faux par rapport à sa vocation de défense des Droits de l'homme. Je pense notamment à son rôle dans la fondation du Conseil des Droits de l'Homme et dans son engament dans la sécurité humaine au niveau international. Aussi, il est éclatant que le président Burkhalter aille à Auschwitz pour dire « Plus jamais ça » et se comporter ainsi par rapport à un œuvre d'art qui évoque, parmi beaucoup d'autres, un crime qui a été à la base de la Convention de l'ONU sur le génocide. Pire, c'est que par ce geste le président de la Confédération compose avec le chantage d'un Etat négationniste.

  4. Cette lettre crée un précédant inouï pour l'indépendance de notre Pays, car elle permet à un Etat tiers de se mêler des affaires internes suisses, en soulignant la faiblesse de notre Etat de droit.

  5. Il n'y a aucune raison de déplacer ce monument. Imaginez qu'on accepte de changer d'endroit : pour décider de son autorisation, le Conseil d'Etat et le DFAE seront-ils à nouveau obligés d'aller demander au Premier Ministre Turc son accord pour le nouvel emplacement ? On est en train de franchir la ligne rouge du ridicule. Nous attendons que les règles de notre Etat de droit priment. Une demande d'autorisation a été déposée. Elle doit maintenant faire son chemin.